Pièces composites
1990 - 1998
Associer plusieurs photographies pour faire une oeuvre commence avec le deux. Les images ne doivent pas être si parfaites qu’elles se suffiraient à elles mêmes. Il m’a donc fallu apprendre à les faire de telle manière qu’elles puissent s’associer les unes aux autres autant par ce qu’elles montrent et leurs couleurs que par ce qui leur manque. Une sorte d’écriture silencieuse est déchiffrée par l’oeil du regardeur.
J’ai commencé à composer ces suites de 5 photographies, pas plus, les percevoir comme un tout devenait trop difficile avec un nombre supérieur d’images. Ce n’est pas un journal de notre vie, c’est une utilisation du proche pour parler du passage de la vie à l’oeuvre. Le moment de la prise de vue photographique est le point de basculement de l’instant de la vie dans le temps de l’oeuvre, si du moins cette photographie se trouve ultérieurement faire partie de l’oeuvre. Le photographe éprouve à chaque déclenchement ce vertige mélancolique, point de basculement de l’instant présent dans le temps futur. Ces suites écrivent cette situation. La composition de chacune d’entre elles établit des liens entre les sujets, les couleurs, les tailles des photographies, pour la rendre autonome et perceptible au premier coup d’oeil comme un tout et non comme une suite d’images indépendantes. Cette lecture qui est devenue évidente une dizaine d’années après leur réalisation, ne l’était pas du tout lors de leur première exposition.








