ici-même    1993-1994



Une période, correspondant à la naissance de notre premier enfant, puis d’un déménagement, ou l’appareil photo est rarement sorti de l’appartement.
J’ai commencé à composer ces suites de 5 photographies, pas plus, les percevoir comme un tout devenait trop difficile avec un nombre supérieur d’images. Ce n’est pas un journal de notre vie, c’est une utilisation du proche pour parler du passage de la vie à l’oeuvre. Le moment de la prise de vue photographique est le point de basculement de l’instant de la vie dans le temps de l’oeuvre, si du moins cette photographie se trouve ultérieurement faire partie de l’oeuvre. Le photographe éprouve à chaque déclenchement ce vertige mélancolique, point de basculement de l’instant présent dans le temps futur. Ces suites écrivent cette situation. La composition de chacune d’entre elles établit des liens entre les sujets, les couleurs, les tailles des photographies, pour la rendre autonome et perceptible au premier coup d’oeil comme un tout et non comme une suite d’images indépendantes. Cette lecture qui est devenue évidente une dizaine d’années après leur réalisation, ne l’était pas du tout lors de leur première exposition.



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